C’est fou comme tu sonnes creux, mon pauvre amour. Je donne encore un grand coup et le bois cède avec un craquement sinistre. J’entends tes os qui se cognent frénétiquement les uns contre les autres. L’air te ferait-il frissonner? Mais voyons, il faut que tu respires, depuis le temps…
J’ouvre le cercueil et aperçois ta menue carcasse. L’index posé sur ce qui était tes lèvres m’intime l’ordre de me taire. Shhhh…
Je me couche près de toi. Tu te pousses un peu, non pas pour me faire de la place, mais pour ne pas me toucher. As-tu peur de la vie, de moi, des deux?
Tu croyais pouvoir m’échapper, n’est-ce pas? Tu pensais que la mort t’abriterait?
Je chuchote des injures à ton oreille. Je ne vois pas pourquoi je devrais subir le poids de tes secrets, de tes échecs. Tout cela n’est pas à moi. Je ne suis pas Atlas. Porte le poids du monde sur tes maigres épaules, si tu le veux. Tes os ne sont pas assez solides, mais que m’importe. Tout cela ne m’appartient pas. Reprends tes immondices, mon chéri. Garde-les dans ton tombeau.
Je referme le couvercle. Je jette un peu de terre dessus pour faire bonne mesure. Ne t’en fais pas, l’air ne te fera plus trembler. Le poids de tes erreurs t’écrasera peut-être. Mais la vie ne te fera plus peur.
Ça je te le promets.


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