Tu sonnes creux.

•June 4, 2009 • Leave a Comment

C’est fou comme tu sonnes creux, mon pauvre amour. Je donne encore un grand coup et le bois cède avec un craquement sinistre. J’entends tes os qui se cognent frénétiquement les uns contre les autres. L’air te ferait-il frissonner? Mais voyons, il faut que tu respires, depuis le temps…

J’ouvre le cercueil et aperçois ta menue carcasse. L’index posé sur ce qui était tes lèvres m’intime l’ordre de me taire. Shhhh…

Je me couche près de toi. Tu te pousses un peu, non pas pour me faire de la place, mais pour ne pas me toucher. As-tu peur de la vie, de moi, des deux?

Tu croyais pouvoir m’échapper, n’est-ce pas? Tu pensais que la mort t’abriterait?

Je chuchote des injures à ton oreille. Je ne vois pas pourquoi je devrais subir le poids de tes secrets, de tes échecs. Tout cela n’est pas à moi. Je ne suis pas Atlas. Porte le poids du monde sur tes maigres épaules, si tu le veux. Tes os ne sont pas assez solides, mais que m’importe. Tout cela ne m’appartient pas. Reprends tes immondices, mon chéri. Garde-les dans ton tombeau.

Je referme le couvercle. Je jette un peu de terre dessus pour faire bonne mesure. Ne t’en fais pas, l’air ne te fera plus trembler. Le poids de tes erreurs t’écrasera peut-être. Mais la vie ne te fera plus peur.

Ça je te le promets.

Trouvée dans les lieux d’aisance

•June 3, 2009 • Leave a Comment

“S’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour qui durera toute une vie.” Oscar Wilde

Il ne faut pas avoir peur de la bête.

•June 3, 2009 • Leave a Comment

Dans ma maison ronde faite de bois clair et de grandes vitres, j’attends le chef de la tribu. Puisque je viens de m’installer sur le territoire d’Amérindiens, ils doivent d’abord m’accepter. Je le sais car hier soir, ils ont couru autour de ma maison en hurlant et en feulant. J’y dormais déjà, sans leur autorisation.

Toute la communauté est là, précédée du chef. Celui-ci a la peau mate et de grands yeux noirs. Il semble m’apprécier. Il aime ma maison. C’est vrai que c’est un havre de paix. Je serai heureuse de les avoir pour voisins et de les inviter à chaque fois qu’ils le voudront. Ils remarquent les filets à rêves accrochés aux fenêtres et sourient.

Le chef me dit que pour être acceptés sur le territoire, ma famille et moi devons réussir une épreuve. De grands loups apparaissent. “Laissez-vous prendre dans leur gueule et traîner jusqu’à moi”. Nous nous regardons, apeurés. Puis, l’un après l’autre, nous tendons une main aux bêtes, qui la prennent dans leur gueule et nous tirent. Étonnamment, ça ne fait pas mal. Nous sentons qu’elles pincent juste assez fort pour avoir prise, mais qu’elles font attention de ne pas nous blesser. Ce qui paraissait terrifiant devient amusant. Nous voyons le chef rire.

Il nous regarde nous relever, puis nous dit:”Bienvenue chez nous. Il ne faut pas avoir peur de la bête. Elle est aussi là pour nous protéger.”

Nous aurons à présent des loups qui garderont nos fenêtre. Nous sommes en paix.

La lettre

•May 30, 2009 • Leave a Comment

Il y a dix ans, j’ai perdu une lettre à laquelle je tenais beaucoup. Depuis, j’ai beaucoup regretté de l’avoir perdue. Il y a peu d’objets auxquels je tiens vraiment, je pense pouvoir les compter sur les doigts de la mains. Mais cette lettre…Je m’étais dit qu’elle m’apporterait quelque chose, plus tard. Je savais instinctivement qu’elle serait une clef, un jour. Et voilà qu’elle était devenue une clef perdue…Dommage.

Et bien j’ai retrouvé cette lettre il y a environ un mois. Vous vous imaginez bien à quel point j’ai été émue de la retrouver. Même si je ne l’avais lue que rapidement dix ans auparavant, j’avais raison: elle est bel et bien une clef, et pas n’importe laquelle.

Certains me disent qu’il n’y a pas de hasard. Je n’en sais rien, mais en tous cas, merci.

Merci à la vie.

C’est un cadeau magnifique que tu me fais.

Quelques nouvelles

•May 20, 2009 • 3 Comments

*J’ai déménagé dans un studio près d’un bois. J’adore avoir les arbres pour voisins, et le quartier est très chouette.

*Mon ordi a fait un bébé, je me réjouis que la cigogne me l’apporte, dans le courant de la semaine prochaine.

*Je vais passer une partie du week-end prochain dans les Alpes. Je me réjouis de marcher, d’admirer la nature et la vue, de respirer et de bouger!

*J’ai recommencé à faire du yoga. Je prends des cours avec une prof adorable dans un petit grenier en bois. Nous sommes peu nombreux et nous discutons après la séance.

*J’écris beaucoup. L’inspiration est là, et je m’en réjouis, même si ce ne sont pas toujours des énergies positives qui me poussent.

*Je n’ai plus faim. Je peine à manger normalement, mais ça devrait revenir gentiment. J’ai perdu environ 4 kilos et si je ne fais rien, ça va continuer. Je voulais certes perdre quelques kilos, mais pas tout à fait de cette manière. Je veux prendre soin de moi. J’aime mon corps, je n’ai pas envie qu’il suive une norme. C’est triste, des filles toutes pareilles, non?

*Je vais passer quelques jours à Londres pour écrire, en juin.

*Je me libère tranquillement mais sûrement des vieilles et lourdes chaînes qui s’accrochaient à mes chevilles.

*Je m’ennuie de Montréal.

*J’en ai marre de penser à quelqu’un. Ça fait trop longtemps, je veux m’en libérer. Je ne veux plus personne dans ma tête.

*Je recommence gentiment à avoir un rythme et une motivation normale pour la fin de mes études. Si tout va bien, dans un mois ce sera presque réglé.

*Je vois la vie de mes amis suisses suivre son cours au fil des semaines et j’adore ça. Il y a pas mal de changements dans l’air, pour beaucoup de monde. Les gens vont de l’avant. Nous devenons vraiment adultes.

*Mes amis montréalais me manquent plus que ce qu’ils pensent. On ne peut pas tout avoir, mais une chose est sûre: Montréal et moi, ce n’est pas fini.

*Je pose pour un photographe ce soir. Je ne suis pas du tout dans le même état d’esprit qu’il y a deux ans, la dernière fois que j’ai posé. Je me demande ce que ça va donner…

*Mes cheveux longs me manquent. Je sais pourquoi je les ai coupés l’année passée, mais maintenant je veux qu’ils touchent le bas de mon dos. Et dire qu’ils n’ont même pas encore atteint mes omoplates…

*J’espère que vous allez tous bien, que la vie vous traite bien, que vous la traitez bien et que vous prenez soin de vous.

Que se passera-t-il…

•May 19, 2009 • Leave a Comment

…quand j’aurai admis que nous ne nous croiserons plus?

Cannelle, épice de l’Amérique

•May 17, 2009 • Leave a Comment

Je respire l’intérieur de mon thermos de café, et l’odeur de cannelle et de miel qui s’en dégage me ramène à Montréal, à la station Jean-Talon, où j’attends patiemment en savourant mon café.

Nesting, again.

•May 16, 2009 • 2 Comments

Here I am, in my new small appartment. I don’t think I’ll be scared tonight, even if I’ve never slept here before. I love it already. There’s a nice light, trees, plenty of them, and I’ve already made sure it almost looks like I haven’t moved in today. I want a calm atmosphere. Oh! But I just realized I forgot my toothbrush!…

Cocteau on what society does with those who are free.

•May 12, 2009 • Leave a Comment

“The instinct of nearly all societies is to lock up anybody who is truly free. First, society begins by trying to beat you up. If this fails, they try to poison you. If this fails too, they finish by loading honours on your head.” – Jean Cocteau

Ghosts of my childhood

•May 10, 2009 • Leave a Comment

Going through old stuff in Switzerland, as opposed to doing the same thing in Montreal, means I get reminded of many moments of my childhood. Sometimes it’s sad, sometimes it’s funny. It’s a good time to get rid of unnecessary stuff though, even if it means getting emotional from time to time.