Changement de slogan

J’ai roulé 400 milles
Sous un ciel fâché.
Aux limites de la ville
Mon coeur a clenché.

Les gros flashes apparaissent
Dans mon âme égarée,
Les fantômes se dressent
À chaque pouce carré.

Revenir d’exil
Comporte des risques
Comme rentrer une aiguille
Dans un vieux disque.

Y a eu ben du progrès,
Ben d’ l’asphalte, ainsi d’ suite;
J’ me demande qui j’ serais
Si j’étais resté icitte.

Une peine imbuvable
À qui la faute?
J’étais juss’ pus capab’
D’ la voir avec un autre.

Mais c’est tout oublié,
Chu r’dev’nu un homme;
Le ti-coeur pomponné
S’en vient voir ses vieux chums.

Salut les apaches,
Salut les crottés.
Vous me trouvez le stash
Moi je paie le party.

J’entends la fonderie qui rush;
Pour ceux qui l’ savent pas
On y brûle la roche
Et des tonnes de bons gars.

Les grandes cheminées
Éternelles comme l’enfer;
Quand le gaz m’a pogné
Chu v’nu tout à l’envers.

Entendez-vous la rumeur,
La loi de la compagnie?
«Il faudra que tu meures
Si tu veux viv’ mon ami»

J’ai poussé mon p’tit change
Dans l’ trou du téléphone;
Sentiment étrange
Je r’joins pus personne.

«Time flies» que j’ me dis,
M’en vas faire de mon best.
J’ai marché dans la nuit
En cherchant un orchestre.

J’ prends ma chambre à’ Capri
J’aboutis dans la même;
Mêmes brûlures su’ l’ tapis,
Même vue sur la «Main».

Comment dormir dans un lit
Où t’as baisé des anges?
Je sens monter la folie:
Je descends dans le lounge.

Dans la flamme d’un briquet
Un visage intrigant;
C’te gars-là je l’ connais,
Bonyeu, mais c’est Satan!

Long time no see
Y fait pas chaud là, mets-en.
J’ai passé proche l’embrasser
À force que j’étais content.

Y m’a dit «La gang est splittée,
C’était rien qu’une époque.
Sa valeur est tombée
Comme le prix de la coppe.

Y s’ sont toutes faites buster
L’un après l’autre;
À la fin y est resté
Moi, mon ombre pis son coat.

Les aut’ ont farmé leu’ yeules,
Y déclarent à l’impôt.
Nouvelle clientèle
Et musique de robot.

Quand les downs de tes highs
Te défoncent l’intérieur,
Tu t’engages comme bétail:
Pas d’ malheur, pas d’ bonheur.

Y ont vendu l’amour bandé
Pour de la tendresse.
Ils se sont enfermés
Dans la chambre de commerce.

A c’t’heure chu quas’ment tout seul
À fournir à’ Plaza
Que c’est qu’ le monde veulent
Qu’est-ce que la loi veut pas.

A peut v’nir me chercher
Pour m’ passer les menottes;
Quarante ans d’ liberté
De nos jours, c’t’ une bonne cut.

Y a personne qui m’encule
J’ai gardé mes bons nerfs;
Comment ça vaut, ça… calcule!
Chu déjà millionnaire.

Côté coeur, ben content;
Y a du monde su’ la ligne.
Quand les chums sont en-d’dans
Moi, j’ m’occupe des darlings.

Tu t’ rappelles, ton gros kick,
La belle Rose-Aimée?
M’as t’en pousser une comique:
Moi pis elle, c’est steady.»

(Quand y m’a dit ça…)

C’est rentré comme un clou,
Un couteau dans’ patate.
La suture a t’nu l’ coup:
Well, let’s drink to that!

Le jour s’est l’vé sur Rouyn
‘Ec des gros rayons d’or.
J’ai jasé ‘ec mon instinct…
Et j’ai couché dans mon char.

Richard Desjardins, Et j’ai couché dans mon char

~ by Stéphanie K. on September 11, 2008.

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