Un train qui part finit forcément par arriver.

Je me suis levée tôt et étonnamment sereine; je ne me rappelais pas m’être endormie. En enfilant des vêtements sales de fin de voyage, pas de douche ce matin parce que B. dort encore, je me suis mise à penser à toutes les fois où je me suis sentie crade, mais ô combien libre. Et je recommence à trouver la force en moi de vivre d’autres moments comme ceux-ci. Je vieillis, et mon confort est plus important qu’il ne l’était il y a huit ans, mais je pourrai toujours l’abandonner. Marcher les bras le long du corps, les paumes tournées vers l’avant, comme un appel à la vie, à recevoir et à donner.

Je me souviens d’un road trip sur l’Île d’Orléans, des nuits passées dans une Westfalia, dans les rues de Québec ou au bord du fleuve. Et ces moments raisonnent avec le road trip que je ferai aux États-Unis, bientôt. Je me rappelle Vancouver, sur la plage. Je me foutais de ce que je portais, j’avais du sable partout et je partageais les couchers de soleil avec des québécois venus apprendre l’anglais, tout comme moi. Je revivais après des mois étouffants. C’est toujours un peu comme ça, la vie prend une pause, puis tout d’un coup elle fait un fast forward. En tous cas, c’est ma vie. Il y a peu de calme, mais un mouvement chaotique empli de beauté. Et je commence à accepter que c’est la voie la plus dure, mais celle qui me rend le plus heureuse. Tellement de choses ont changé ces derniers mois que j’ai du mal à regarder en arrière sans avoir le vertige. Il ne faut pas penser à ce que j’ai perdu, plutôt à ce qui me nourrit. Et croyez-moi, ce gros bordel qu’est ma vie me nourrit énormément. Je commence enfin à accepter qui je suis. C’est un long chemin qui prend du temps, mais ça s’en vient. Oui, je suis intense et émotive, oui, j’ai besoin de toucher le cœur des autres et je ne suis pas à l’aise dans les relations trop superficielles, mais voilà. Je ne peux pas tout comprendre maintenant. Je suis simplement humaine. Remplie de défauts, de maladresses, de bêtise, de naïveté. Je crois à une certaine pureté. Je suis aussi horriblement dure avec moi-même, mais j’ai fait beaucoup de progrès. Je fais ce que je peux. Et je sais qu’une part de moi sera toujours là pour me pousser à relever des défis un peu dingues. Je sais qu’à un moment donné, peut-être bientôt, peut-être pas, je paqueterai mes p’tits encore une fois, et j’irai reconstruire ma vie ailleurs. Parce que je construis, je déconstruis et je reconstruis encore et encore. Et je sais aussi que j’ai envie de construire à deux, même si je ne peux imaginer qui serait capable de me comprendre, de me prendre en entier, pas seulement par petits bouts. Je me dois d’être fidèle à moi-même, de prendre soin de moi, de la beauté que je vois, et de la laideur que je n’aime pas regarder. Et se laisser vivre, faire confiance à la vie, mine de rien, ça fait vraiment du bien. Se dire que ce qui ne semble pas avoir de sens en aura peut-être un jour, qu’on ne peut pas passer à côté des choses qui doivent arriver, ça soulage. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a, non? Et puis, finalement, on n’a pas toujours grand-chose, mais on a un cœur, qui sert aussi à prendre soin des autres.

~ by Stéphanie K. on December 15, 2008.

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