Si…

•June 9, 2009 • Leave a Comment

Si Atlas abandonnait, que se passerait-il?

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The Three Gold Hairs

•June 8, 2009 • 1 Comment

“Once, when it was deepest night, the sort of night wehn the land is black and the trees seem like gnarled hands against the dark blue sky, it was on exactly this kind of night that a lone old man staggered through the forest. Though boughs scratched his face, half-blinding his eyes, he held out a tiny lantern before him. Therein the candle burned lower and lower.
The old man was a sight to behold with his long yellow hair, cracked yellow teeth, and curved amber fingernails. His back was rounded like a bag of flour, and so ancient was he that his skin hung in furbelows from chin, arms, and hips.
The old one progressed through the forest by grasping a sapling and pulling his body forward, grasping another sapling, and pulling himself forward, and with this rowing motion and by the small breath left in him, he made his way through the forest.
Every bone in his feet pained like fire.The owls in the trees screeched right along with his joints as he propelled himself forward in the dark. Way off in the distance, there was a tiny flickering light, a cottage, a fire, a home, a place of rest, and he labored toward that little light. Just as he reached the door, he was so tired, so exhausted, the tiny light in his little lantern died, and the old man fell through the door and collapsed.
Inside was an old woman sitting before a beautiful roaring fire, and now she hurried to his side, gathered him into her arms, and carried him to the fire. She held him in her arms as a mother holds her child.
She sat and rocked him in her rocking chair. There they were, the poor frail old man, just a sack of bones, and the strong old woman rocking him back and forth saying, “There, there. There, there. There, there.”
And she rocked him all through the night, and by the time it was not yet morning but almost, he had grown much younger, he was now a beautiful young man with golden hair and long strong limbs. And still she rocked him. “There, there. There, there. There, there.”
An as morning approached even more closely, the young man had turned into a very small and very beautiful child with golden hair plaited like wheat.
Just at the moment of dawn, the old woman plucked three hairs very quickly from the child’s beautiful head and threw them to the tiles. They sounded like this: Tiiiiiing! Tiiiiiiing! Tiiiiiing!
And the little child in her arms crawled down from her lap and ran to the door. Looking back at the old woman for a moment, he gave her a dazzling smile, then turned and flew up into the sky to become the brilliant morning sun.”

Clarissa Pinkola Estés, Women Who Run With the Wolves, Chapter 10: Clear Water: Nourishing the Creative Life

La question

•June 5, 2009 • Leave a Comment

Je suis un peu nerveuse aujourd’hui et j’ai du mal à me concentrer.
Tout à l’heure, je vais poser une question dont la réponse pourrait avoir des conséquences certaines sur ma vie.
(Non, je ne vais pas demander à quelqu’un de m’épouser et je ne vais pas avoir de bébé.)

Depuis quelques jours, je me demande s’il est possible de trop savoir. Entre secrets et informations qui devrait rester cachées, il est parfois difficile de trouver un équilibre.

Souvent, on cherche des réponses pour être soulagés instantanément. Mais il y a aussi des réponses qui font mal avant de faire du bien. Et il y a la volonté d’aller vers le mal, l’instabilité, le changement, le tremblement des bases qu’on a accumulées pendant longtemps, pour pouvoir se libérer. Cette volonté prend tellement d’énergie et de courage…Je suis fière de moi, je dois bien le dire. Même si aujourd’hui, franchement, j’espère entendre la réponse que je veux, celle qui occasionnera peu de bouleversements.

Si je reçois l’autre réponse? J’affronterai la réalité, ce n’est pas maintenant que je vais reculer.

Tu sonnes creux.

•June 4, 2009 • Leave a Comment

C’est fou comme tu sonnes creux, mon pauvre amour. Je donne encore un grand coup et le bois cède avec un craquement sinistre. J’entends tes os qui se cognent frénétiquement les uns contre les autres. L’air te ferait-il frissonner? Mais voyons, il faut que tu respires, depuis le temps…

J’ouvre le cercueil et aperçois ta menue carcasse. L’index posé sur ce qui était tes lèvres m’intime l’ordre de me taire. Shhhh…

Je me couche près de toi. Tu te pousses un peu, non pas pour me faire de la place, mais pour ne pas me toucher. As-tu peur de la vie, de moi, des deux?

Tu croyais pouvoir m’échapper, n’est-ce pas? Tu pensais que la mort t’abriterait?

Je chuchote des injures à ton oreille. Je ne vois pas pourquoi je devrais subir le poids de tes secrets, de tes échecs. Tout cela n’est pas à moi. Je ne suis pas Atlas. Porte le poids du monde sur tes maigres épaules, si tu le veux. Tes os ne sont pas assez solides, mais que m’importe. Tout cela ne m’appartient pas. Reprends tes immondices, mon chéri. Garde-les dans ton tombeau.

Je referme le couvercle. Je jette un peu de terre dessus pour faire bonne mesure. Ne t’en fais pas, l’air ne te fera plus trembler. Le poids de tes erreurs t’écrasera peut-être. Mais la vie ne te fera plus peur.

Ça je te le promets.

Trouvée dans les lieux d’aisance

•June 3, 2009 • Leave a Comment

“S’aimer soi-même est le début d’une histoire d’amour qui durera toute une vie.” Oscar Wilde

Il ne faut pas avoir peur de la bête.

•June 3, 2009 • Leave a Comment

Dans ma maison ronde faite de bois clair et de grandes vitres, j’attends le chef de la tribu. Puisque je viens de m’installer sur le territoire d’Amérindiens, ils doivent d’abord m’accepter. Je le sais car hier soir, ils ont couru autour de ma maison en hurlant et en feulant. J’y dormais déjà, sans leur autorisation.

Toute la communauté est là, précédée du chef. Celui-ci a la peau mate et de grands yeux noirs. Il semble m’apprécier. Il aime ma maison. C’est vrai que c’est un havre de paix. Je serai heureuse de les avoir pour voisins et de les inviter à chaque fois qu’ils le voudront. Ils remarquent les filets à rêves accrochés aux fenêtres et sourient.

Le chef me dit que pour être acceptés sur le territoire, ma famille et moi devons réussir une épreuve. De grands loups apparaissent. “Laissez-vous prendre dans leur gueule et traîner jusqu’à moi”. Nous nous regardons, apeurés. Puis, l’un après l’autre, nous tendons une main aux bêtes, qui la prennent dans leur gueule et nous tirent. Étonnamment, ça ne fait pas mal. Nous sentons qu’elles pincent juste assez fort pour avoir prise, mais qu’elles font attention de ne pas nous blesser. Ce qui paraissait terrifiant devient amusant. Nous voyons le chef rire.

Il nous regarde nous relever, puis nous dit:”Bienvenue chez nous. Il ne faut pas avoir peur de la bête. Elle est aussi là pour nous protéger.”

Nous aurons à présent des loups qui garderont nos fenêtre. Nous sommes en paix.

La lettre

•May 30, 2009 • Leave a Comment

Il y a dix ans, j’ai perdu une lettre à laquelle je tenais beaucoup. Depuis, j’ai beaucoup regretté de l’avoir perdue. Il y a peu d’objets auxquels je tiens vraiment, je pense pouvoir les compter sur les doigts de la mains. Mais cette lettre…Je m’étais dit qu’elle m’apporterait quelque chose, plus tard. Je savais instinctivement qu’elle serait une clef, un jour. Et voilà qu’elle était devenue une clef perdue…Dommage.

Et bien j’ai retrouvé cette lettre il y a environ un mois. Vous vous imaginez bien à quel point j’ai été émue de la retrouver. Même si je ne l’avais lue que rapidement dix ans auparavant, j’avais raison: elle est bel et bien une clef, et pas n’importe laquelle.

Certains me disent qu’il n’y a pas de hasard. Je n’en sais rien, mais en tous cas, merci.

Merci à la vie.

C’est un cadeau magnifique que tu me fais.